Ciné-club : Le Chat du Rabbin

Ciné-Club LE CHAT DU RABBIN, 211
Film d’animation
Réalisateurs : Joann Sfar / Antoine Delesvaux
France
1 heure 30
Acteurs principaux (voix) : François Morel (le chat)
Hafsia Herzi (Zlabya)
Maurice Bénichou (le rabbin Sfar)

Synopsis
Alger, années 20
Dans l’Alger colonial où cohabitent, non sans racisme et ségrégation, plusieurs communautés (arabe, juive et européenne) et de ce fait plusieurs religions (islam, religions juive, religion chrétienne catholique et orthodoxe) vit un chat peu ordinaire qui parle et se questionne :
-  Comment vivre ensemble ?
-  Que penser du dogmatisme religieux ?
Car, le chat du rabbin est un chat philosophe et libre penseur. Par ses interventions ironiques et touchantes il fait dialoguer les communautés religieuses et stigmatise les marques d’intolérance et les querelles autour des pratiques réciproques.
Mais, le chat du rabbin Sfar, chat espiègle, connait aussi des aventures drolatiques : il est amoureux de sa maîtresse Zlabya, la fille du rabbin et ne veut pas être séparé d’elle dut-il faire sa Bar-Mitva pour être un bon juif digne de Zlabya !
IL va suivre les aventures rocambolesques de ses amis les hommes sans cesser d’apporter ses commentaires personnels.
La composition du scénario
Adapté de deux tomes de BD, le film est composé de deux parties unifiées par le personnage du chat du rabbin :
La première relate les aventures du chat qui veut faire sa Bar-Mitsva pour être un bon juif et rester auprès de sa maitresse..
La deuxième débute avec l’arrivée d’un juif russe, chassé par les pogroms Il embarque les personnages sur la route de la Croisière Citroën, à la recherche de la Jérusalem noire.
La réalisation du film d’animation
Le film a été réalisé dans les studios Autochenille Production. Les voix des personnages et la musique ont été enregistrées avant le début de l’animation.
Pour fournir une source d’inspiration aux animateurs du film dans le rendu des gestes et des expressions, les acteurs, chargés des voix, ont été costumés et filmés avant que les artistes ne passent au dessin. Celui-ci utilise la 3D.

Quelques informations sur le contexte d’Alger dans les années 20
• Dans les années 20, Alger est une ville coloniale composée de la Casbah, ancien quartier d’architecture arabe et de la partie européenne de la ville qui débute au port. Dans ce quartier il y a le café Carbonel « établissement qui ne sert ni les arabes ni les juifs », réservé aux européens. Il est le symbole des distinctions inégalitaires que la colonisation a mis en place.
C’est dans cette Alger coloniale que le rabbin Sfar doit passer une dictée pour montrer son niveau acceptable de français.

• Les personnages du film représentent les différentes communautés

1. Les juifs de la diaspora
-  Le rabbin Sfar et sa fille sont des juifs sépharades modérés dans leur pratique de la religion.
-  Le rabbin du rabbin est un juif sépharade qui représente une pratique extrémiste de la religion, il est dur et intolérant.
-  Le peintre russe est un juif ashkénaze, il a fui les pogroms.
-  Les juifs falashas d’Ethiopie
2. Les musulmans
- Le Cheik Sfar est chanteur et ami du rabbin Sfar. C’est un musulman modéré.
-  La tribu du désert (son chef et son médecin) figure un islam intégriste
3. Les chrétiens (figures secondaires dans le film)
-  Un pope, russe orthodoxe
-  Un prêtre catholique
-  Les coptes de la Jérusalem noire d’Ethiopie

• La croisière Citroën

Entre 1924 et 1925, Citroën lance cette « croisière noire », raid automobile à travers l’Afrique, pour promouvoir sa marque de voiture. C’est une aventure coloniale et publicitaire qui permet, dans le film, de donner un éclairage sur la vision coloniale des européens et de la critiquer (le guide Citroën et ses commentaires racistes que lit Sfar ; l’apparition du personnage de Tintin, croisé lorsque la croisière passe par le Congo alors belge. Le personnage d’Hergé tient alors propos colonialistes).
L’esprit colonial et le racisme est aussi stigmatisé dans l’épisode de « l’angle facial » : le peintre européen développe la théorie de l’angle facial, théorie héritée du XVIIIème siècle qui détermine la forme et l’origine des visages selon les races et fait remonter les noirs à des origines simiesques le peintre russe réagira à grand coup de poing, écrasant ainsi cette pensée rétrograde et dégradante.

Questions pour animer le débat
• Un petit monde chatoyant : présenter les personnages
• Le chat : un philosophe impertinent
• Les choix graphiques
• Les manifestations de l’intolérance religieuse dans le film
• L’humour dans le film de Sfar : une arme contre l’intolérance et le racisme