Ciné-club : Billy Elliot

Cinéclub BILLY ELLIOT , 2000

Comédie musicale
Réalisateur : Stephen Daldry
1 heure 50
Angleterre
Acteur principal : Jamie Belle (Billy Elliot)

Synopsis
1984, les mineurs de la ville de Durham sont en grève. C’est dans ce contexte social ravagé que Billy Elliot, le cadet d’une famille composée d’un grand frère et d’un père tous deux mineurs grévistes et d’une grand-mère sénile, grandit. Il a perdu sa mère, n’aime pas l’école et s’ennuie sur le ring de boxe où il s’entraine par tradition culturelle.
Un jour, un cours de danse classique s’installe à côté du ring. C’est une révélation pour Billy qui s’immisce dans cet univers féminin.
Renonçant aux gants de boxe pour les chaussons de danse, il va devoir affronter la colère et l’incompréhension de son père, les préjugés de son grand frère et des hommes du village. Dans cette lutte pour vivre sa passion, Billy aura le soutien de son professeur de danse et d’un ami.
Une comédie musicale
Le film de Stephen Daldry relève du genre de la comédie musicale puisque les passages narratifs sont relayés par des moments de danse et de musique. Billy danse tout le temps : lors des répétitions bien sûr, mais aussi dans la rue, dans sa chambre, dans la salle de bain, dans la cuisine... Le film mêle différents types de danses : classique, claquettes, danse de rue, boogie-woogie… Pour Billy la danse est une manière d’être, un plaisir, une liberté et un cri de rage contre le monde qui l’entoure, ce monde dur et brisé des villages miniers sans avenir.

Le réalisateur
Daldry s’intéresse très jeune au théâtre comme Billy, son personnage, mais son père le pousse vers un métier « utile » : travailler dans une usine. A la mort de son père, il suit ses rêves et devient metteur en scène en 1989. Il tourne au cinéma son premier long métrage en 1987 puis Billy Elliot en 2000.
Il a réalisé de nombreux films à gros succès, films sociaux dont les héros sont souvent des enfants ou de jeunes garçons face au monde des adultes. On pourra citer
The Hours
The reader
Favelas
Ses films s’apparentent souvent à des récits initiatiques.
Un film de « réalisme social »
Le film de Daldry est un film social qui évoque les grèves des mineurs dans l’Angleterre de Madame Thatcher. Il décrit leur monde sinistré, la détermination des grévistes et le fatalisme des « jaunes », les émeutes et les violences des répressions.
Le scénario du film a été écrit par Lee Hall qui s’est inspiré de la vie de Thomas Allen, jeune homme qui avait grandi dans une cité minière en 1950 et est devenu un très grand baryton lyrique.
Le scénariste a voulu croiser cette histoire avec une réflexion sur la grande grève des mineurs de 1984.
Un film sur la tolérance et la liberté
Le film met en scène un adolescent, fils de mineur, élevé dans un monde où les hommes font de la boxe et sont des durs. Or, il veut devenir danseur. Le film aborde alors la question des préjugés et de la liberté de choix individuel.
Pour Billy, danser c’est comme respirer. C’est aussi, il le dit lors d’une audition « comme de l’électricité en moi… en dansant je disparais »
Billy « disparait » en effet ou plutôt apparait tel qu’en lui-même, dans un autre monde, loin des grèves et des émeutes, de la famille et du deuil. La danse lui permet une métamorphose. Avec rage et détermination, Billy se révèle à lui-même.
Un film drôle et émouvant
Daldry traite avec beaucoup d’humour et de tendresse son sujet et ses personnages.
A côté de Billy nous croisons sa grand-mère, une femme âgée atteinte d’Alzheimer qui rêvait d’être danseuse et qui encourage Billy.
Daldry place aussi à côté de Billy, un adolescent différent des autres, Michael. Le jeune garçon habite le même quartier que Billy. Nous découvrirons qu’il est homosexuel .Dans un milieu où cela est inconcevable, il cache son identité, ne la révélant à Billy que parce qu’il voit en son ami un miroir à son propre cheminement vers une reconnaissance de son individualité.
Dans son parcours, Billy est accompagné par son professeur de danse, une femme rude mais prévenante, très attachante. Elle suit Billy dans la réalisation de sa passion, l’entraine sans concession, l’encourage, n’hésite pas à s’affronter avec le père de l’adolescent pour que Billy puisse passer une audition dans une prestigieuse école de danse.
Enfin les deux figures celle du père veuf, ravagé par la mort de sa femme, déchiré par les grèves et une situation financière catastrophique, ainsi que la figure du grand frère dont l’avenir se limitera à son village et la mine sont toutes deux représentantes d’une dépression sociale à laquelle Billy va échapper en dansant sur les scènes londoniennes et mondiales. La figure du père et du frère, échappant à tout manichéisme, évoluent dans le film : du rejet du choix de Billy trop éloigné de leur univers mental, ils finiront par l’acceptation admirative de ce choix. Ils assistent à la prestation de Billy devenu adulte et danseur étoile dans le Lac des Cygnes, donné à Londres.
Des questions pour débattre
• Le poids des stéréotypes
• Le monde de la boxe et celui de la danse
• L’univers des mineurs, les grèves
• L’évolution des personnages : le père ; le grand frère, Michael
• Les rapports entre le professeur de danse et Billy